Onomastique
Les différentes hypothèses
- Nom de personne d’origine germanique "Boffahari" :
- boff- : terme secondaire ou hypocoristique issu du nom de personne Bodf(rid)
- -hari : armée
- Personne aux joues gonflées
- Fabricant de soufflets
- Souffleur de verre
- L’ange Bouffaréo
D’où vient le nom BOUFFIER ?
Comme tous les BOUFFIER je me suis posé cette question. Mes récents contacts avec des BOUFFIER aussi bien en France qu’au delà de nos frontières m’ont appris que je n’étais pas le seul à vouloir satisfaire une bien légitime curiosité et à essayer d’y apporter une ou des réponses.
Des BOUFFIER, plus instruits, plus savants, plus érudits et surtout plus sérieux que moi-même ont poussé leurs investigations pour rechercher les origines possibles de notre patronyme.
Certains y ont vu une source germanique, avec la terminaison en « ier » (?). Cette explication teutonne, outre qu’elle manque de poésie, me paraît un peu courte. D’autres, des Provençaux bien sur, pencheraient pour une déformation du verbe « bouffa » qui, dans la langue de Mistral correspond à « souffler » en français (« l’auro bouffe ; le vent souffle »). Remarquons au passage que cette explication est assez séduisante car avouons-le, les BOUFFIER, en général, ne manquent pas d’air...
Dans cette recherche onomastique, d’autres encore, plus enclins à l’appréciation des nourritures terrestres et adeptes de la bonne chère ont vu l’origine de notre patronyme dans le verbe « bouffer » dans le sens manger, consommer. De fait, les BOUFFIER ont toujours apprécié la grande et bonne bouffe.
D’autres, enfin, pencheraient pour une déformation de BOUVIER « le bouvier est celui qui conduit les bœufs et les garde ». Si cette dernière explication trouvait confirmation, les BOUFFIER pourraient se prévaloir d’une parente illustre: Jacqueline BOUVIER dont la lointaine famille est originaire de Pont-Saint-Esprit dans le Gard, devenue Jacky Kennedy, première dame des Etats-Unis.
Sans pour autant réfuter ces explications, j’ai, quant à moi, trouvé une autre origine possible à notre nom. Elle a le mérite de s’appuyer sur des faits historiques et sur une évolution mainte fois constatée de la langue française.
Le hasard d’une recherche pour mes mots croisés quotidiens - activité matinale toute récente du retraité que je suis désormais - m’a fait découvrir, comme synonyme du mot styrax : « aliboufier ». Ce mot, à l’évidence, ne pouvait que stimuler ma curiosité.
M’appuyant sur mes rudiments d’étymologie et de sémantique et sur mon esprit cartésien, à géométrie variable il est vrai, j’ai été amené à privilégier une autre origine possible de notre patronyme.
Auparavant il faut lire les définitions suivantes tirées du « Petit Larousse lllustré 1997 » :
Aliboufier : Styrax, plante aromatique qui fournissait jadis le benjoin
Benjoin : Résine aromatique tirée du tronc d’un styrax de l’Asie méridionale et utilisée en médecine comme balsamique et antiseptique
Styrax : Arbrisseau exotique fournissant le benjoin et un baume ; ce baume (famille des styracaccées). Nom usuel : aliboufier. Partant de ces définitions, incontestables puisque puisées à la meilleure source, j’arrive à l’explication suivante qui, outre la légitime satisfaction qu’elle me procure, est, selon moi, la plus plausible qui puisse, je le répète, historiquement et scientifiquement, être fournie.
Cette explication, la voici.
Un lointain ancêtre, originaire d’Asie méridionale, « Ali Boufier », militaire de son état, ayant constaté et vérifié que le benjoin (tiré du styrax) avait des effets bénéfiques sur ses multiples épouses (Ali étant polygame) aurait introduit le dit benjoin chez nous en France après ses campagnes et ses pérégrinations au travers du Maghreb et de l’Espagne. Or, il est bien connu que tout soldat, pour améliorer sa solde, son ordinaire, fait, à l’occasion, acte de commerce. Ali vendait donc son benjoin dans les bourgs et dans les campagnes d’Aquitaine, où il fit rapidement florès... et fortune. Mais Charles Martel, par sa victoire à Poitiers, renvoya Ali et ses compagnons d’armes en deçà des Pyrénées ce qui eut pour effet d’interrompre tout net ce commerce fort lucratif.
Par ailleurs, la chose est bien connue et de nombreux exemples en témoignent : un nom propre désignant une personne peut, à l’usage, devenir un nom commun désignant, lui, un objet, un produit. Ainsi l’empereur Vespasien ayant ordonné la construction d’édicules sur les voies publiques pour le soulagement des Romains, a donné, bien malgré lui, son nom à ces constructions : les vespasiennes. Plus près de nous, le préfet de la Seine, Poubelle, soucieux de la salubrité publique de notre capitale, fit mettre en place des contenants pour les ordures ménagères que l’on baptisa rapidement poubelles.
Ainsi, au cours des siècles, « Ali Boufier » devint « aliboufier ».
Quant au nom Boufier, il gagna en se francisant un 2ème « f » car chez nous, c’est bien connu, on ne sait pas faire simple et on complique à souhait.
Les épouses actuelles de tous les BOUFFIER ne pourront qu’adhérer à cette théorie, y souscrire totalement et attester de la façon la plus formelle de son authenticité. En effet, elles savent toutes, par expérience, que l’usage et l’application du « BOUFFIER », de préférence le soir au coucher, en quantité modérée bien sûr, agit s’il le faut comme un antiseptique, mais toujours comme un baume au corps... et à l’âme.
Aussi, chacune d’elles ne se sépare que fort rarement de son « BOUFFIER », en tout cas le moins longtemps possible et s’emploie-t-elle à avoir toujours un petit « BOUFFIER » à la maison, si possible dans son lit (C.Q.F.D.)
Robert BOUFFIER De l’Isle sur la Sorgue. Novembre 1999