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	<title>Les BOUFFIER d’Allevard - Historique des versions</title>
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	<updated>2026-05-31T10:22:23Z</updated>
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		<id>http://wiki.bouffier.name/index.php?title=Les_BOUFFIER_d%E2%80%99Allevard&amp;diff=18&amp;oldid=prev</id>
		<title>Alexandre : Page créée avec « Les Bouchayer, Suite du Livre III, 1996 par Robert Bouchayer  Cette famille venue du Diois joua un rôle important dans l’histoire d’Wikipedia… »</title>
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		<updated>2020-12-15T22:50:53Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Page créée avec « Les Bouchayer, Suite du Livre III, 1996 par Robert Bouchayer  Cette famille venue du &lt;a href=&quot;https://en.wikipedia.org/wiki/fr:Diois&quot; class=&quot;extiw&quot; title=&quot;wikipedia:fr:Diois&quot;&gt;Diois&lt;/a&gt; joua un rôle important dans l’histoire d’Wikipedia… »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Nouvelle page&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;&lt;div&gt;Les Bouchayer, Suite du Livre III, 1996 par Robert Bouchayer&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette famille venue du [[Wikipedia:fr:Diois|Diois]] joua un rôle important dans l’histoire d’[[Wikipedia:fr:Allevard|Allevard]] où les Bouffier furent directeurs de forges et intendants du comte de Barral, maître des Forges encore en activité de nos jours. Notre ancêtre devint notaire royal et ses petits-enfants furent des animateurs de l’établissement thermal. Ses descendants actuels sont très nombreux, leur généalogie a été dressée par Jean Bouchayer sur 65 grandes pages en accordéon avec les branches Chataing, Dumolard,... et bien d’autres grenoblois comme les Genty, les épiciers sur lesquels Gabriel Chevalier a écrit un livre satyrique (La famille Euffe). Ils sont aujourd’hui très connus par leurs alliés Cathiard, ceux des remontées mécaniques POMA ou des hypermarchés RECORD.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est toujours amusant d’apprendre un lien de parenté avec des amis chers ; nous en citerons, c’est une des vertus des recherches généalogiques par cognation, par le sang.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Les fiançailles de Robert Bouchayer et Colette Michalon==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je dois faire ici un rappel de ce qui est dit dans le volume consacré aux ancêtres de ma femme &amp;quot;Les MICHALON&amp;quot;. Après une courte entrevue à Grenoble à Noël 1944, Colette s’est rendue à Paris où elle était reçue par les Raymond Dufour, proches cousins, qui s&amp;#039;empressèrent de m&amp;#039;inviter à dîner, me recommandant - âgés qu&amp;#039;ils étaient - de faire sortir leur nièce un peu esseulée à Paris.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On connaît la suite..., elle prolongea un peu son séjour et revint à Vienne... fiancée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chez les Dufour, il y avait plusieurs meubles de [[Wikipedia:fr:Famille_Hache|Hache]] et j&amp;#039;ai vite appris que Raymond descendait directement de cette [[Wikipedia:fr:Famille_Hache|famille d&amp;#039;ébénistes grenoblois]], et je savais, par Auguste, que nous étions alliés, aux Hache Lagrange. Quand Jean Bouchayer a avancé dans ses recherches sur les familles de la région d&amp;#039;Allevard, j&amp;#039;ai échangé des renseignements avec Raymond et nous avons découvert que les Bouffier étaient nos ancêtres communs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un beau jour, il me confia un carnet de notes - celui de Léon Bouffier (1786-1855), l’un des directeurs des Barral - dont j&amp;#039;ai pris quelques photocopies. Une autre fois, en examinant sa petite galerie de portraits de la [[Wikipedia:fr:Famille_Hache|famille Hache]], il décrocha ceux d&amp;#039;Hugues Dorel et de Julie Bouffier, mes ancêtres directs, et colla au dos une étiquette disant qu&amp;#039;ils m&amp;#039;étaient destinés. Effectivement, son exécuteur testamentaire me les a remis après ses obsèques Je n’ai pas eu droit au carnet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==La métallurgie d&amp;#039;Allevard==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un premier volume je parle des Bouchayer, cloutiers, qui possédaient quelques terres à côté de la [[Wikipedia:fr:La_Pierre_Percée|Pierre Percée de Matheysine]] où affleurait l&amp;#039;anthracite brûlé dans leurs petites forges et je raconte l&amp;#039;aventure de Joseph allant voir Giroud, le banquier grenoblois propriétaire de ce qui était devenu les Mines de La Mure.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second, je parle des Michalon et de leurs cousins Dufour qui venaient d&amp;#039;Allevard, je vais exploiter les notes d&amp;#039;un ancêtre de cette famille. Le troisième rapporte les écrits de Grégoire Perrin, concessionnaire des minières marésines en 1805, en même temps que le père Giroud. Et voilà qu&amp;#039;au quatrième volume, exploitant une nouvelle source d’information - qui date aussi du milieu du siècle dernier - je retrouve les mêmes noms (Giroud, Chaper,...) sous la plume d&amp;#039;un Bouffier. Je vais donc parler de ce que fut cette industrie métallurgique du mandement d&amp;#039;Allevard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le carnet que j’ai feuilleté porte la date de 1848. A cette époque la population du canton atteignait son maximum — un peu moins de 10 000 habitants. Le scripteur décrit un certain nombre de sites (comme le [[Wikipedia:fr:Château_Bayard|château Bayard]] qui fut restauré plus tard par nos amis Escarfail, les papetiers de Moulin-Vieux). Il rédige ensuite une note sur le mandement :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;#039;&amp;#039;On ne peut rien dire de certain sur ce qu’était le mandement avant le milieu du 13è siècle, la tradition est le seul guide : celle-ci attribue tous les travaux métallurgiques aux Maures ou Sarrazins pendant leur séjour qui, après plus de deux siècles d’occupation, s’est terminé en 991 dans le Dauphiné.&amp;#039;&amp;#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Dauphiné est un pays très riche en activités métallurgiques. J’ai reproduit dans un tome précédent une gravure du [[Wikipedia:fr:Georgius_Agricola#De_re_metallica|&amp;#039;&amp;#039;Re Metallica&amp;#039;&amp;#039;]] d’[[Wikipedia:fr:Georgius_Agricola|Agricola]]. Il est clair que pour produire du fer il faut extraire (du minerai), brûler (du bois) et souffler (de l’air). J’ai expliqué le fonctionnement de l’invention des Chartreux, la trompe à eau placée sur les &amp;#039;&amp;#039;rifs&amp;#039;&amp;#039;, petits torrents, et reliée au soufflet de forge ou directement au fourneau pour activer le feu. A Allevard comme dans les autres sites dauphinois le métal se séparait de la gangue de terre suivant le procédé du four bergamasque. Ce métal, même décarburé, demeure impropre à certaines utilisations, il faut le battre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les ruisseaux alpins ou les torrents comme la [[Wikipedia:fr:Fure|Fure]] ou la [[Wikipedia:fr:Morge_(affluent_de_l&amp;#039;Isère)|Morge]] actionnaient des artifices les martinets. A proximité, on portait au rouge les gueuses de fonte dans des fours ; ces usines étaient encore consommatrices de combustibles, chez nous le bois ou son dérivé, le charbon de bois fabriqué par les bûcherons bouscatiers, ou boshahieri, ou bouchayers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Auguste Bouchayer a appelé son premier livre &amp;quot;Les Batteurs de vergettes&amp;quot; ; il devait être sensible au charme musical de ces deux mots; en réalité, les fontes d’Allevard étaient expédiées aux hauts fourneaux de Vizille pour devenir de l’acier façonné (battu) en vergettes que les cloutiers de La Mure faisaient venir à dos de mulets pour les rougir au feu de forge, les couper, les façonner sur l’enclume et les tremper — les durcir — en les plongeant dans l’eau froide.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si les gisements d’Allevard prirent le pas sur les autres sites du Dauphiné c’est un peu parce qu’on trouvait (outre le fer, le bois et l’eau) du grès pour garnir les fourneaux, particulièrement réfractaire. On améliorait aussi le rendement en faisant griller le minerai dans des petits fourneaux avant de le fondre dans le haut fourneau, mais l’affinage se faisait à [[Wikipedia:fr:Rives_(Isère)|Rives]], à Bonpertuis, Renage, Voiron, Tullins,... là où se trouvaient les épéeries.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’action des Dauphins ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre Léon Bouffier donne d’autres explications à ce développement d’Allevard. Il dit que sous [[Wikipedia:fr:Guigues_VII_de_Viennois|Guigue VII]] [sans doute plutôt Guigues VIII] (qui acheta une mine de fer au seigneur Guigue de la Rochette) l’industrie était quasiment anéantie. Mais alors... :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;#039;&amp;#039;Le Dauphin s’empressa de la rétablir en accordant à tous les habitants le droit de faire des recherches et de construire des artifices où bon leur semblerait, en respectant les droits des tiers. Sa magnificence et celle de [[Wikipedia:fr:Humbert_II_de_Viennois|Humbert 2on]], son successeur à l’égard des habitants ne se borna pas à ces concessions, ils abandonnèrent à la ville d’Allevard la perception de divers impôts sur les denrées qui se vendaient au marché, sur le vin se débitant dans les cabarets, le droit sur les cours d’eau, celui de chasse et pêche pour en jouir par tous les habitants nobles ou non.&amp;#039;&amp;#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il regrette que ces concessions qui ranimèrent l’industrie (plus des exemptions de péage) n’aient pas toujours été maintenues par le roi de France, mais reconnaît que c’est plus tard que — grâce à la venue d’ouvriers italiens — la technique s’améliora, ce fut le début d’une réussite exceptionnelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans mon ouvrage j’ai développé les techniques des forgerons de Matheysine, des gantiers et des hydrauliciens de Grenoble, des drapiers de Vienne, puisque nos ancêtres ont participé au développement de ces activités. Ce chapitre-ci mériterait bien d’autres développements, de Colbert, au dix-septième siècle, à ces Dauphinois du dix-neuvième. Nous ne parlerons que des Barral.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La dynastie de Barral ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’exercice de la justice fut conférée à des ancêtres Barral, près de [[Wikipedia:fr:Saint-Laurent-du-Pont|Saint-Laurent-du-Pont]], jusqu’à ce que Gaspard, avocat au barreau de Grenoble, ait le mérite de défendre les intérêts de Marie Vignon, maîtresse de [[Wikipedia:fr:François_de_Bonne_de_Lesdiguières|Lesdiguières]] et future duchesse, ce qui lui donna la chance d’épouser un parti très avantageux et d’obtenir ses lettres de noblesse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
François de Barral acquit en 1661 une charge de conseiller au Parlement ; c’est lui qui devint maître de forges et son fils Joseph (1677-1749) président à mortier au Parlement de Grenoble paracheva l’œuvre. Trois générations s’intéressèrent à Allevard, élargissant le domaine forestier, ... enfin, [[Wikipedia:fr:Paulin_de_Barral|Paulin de Barral]], libertin, entama par petits morceaux ce capital pour régler des dettes : en fait, les banquiers de l’époque tenaient à la gorge les propriétaires qui voyaient leurs privilèges se réduire. A leur tour les nouveaux &amp;quot;puissants&amp;quot; du monde connurent la crise, les banques grenobloises périrent, elles aussi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Doyon, vénérable banque des ancêtres de nos amis Lafanechère et Delafon, entrait en cessation de paiement (1839), entraînant dans sa chute Giroud fils, qui se disputait avec Giroud père. Ce raccourci est bien simpliste, mais l’activité de la Forge d’Allevard a cessé pendant deux ans jusqu’en 1842, date à laquelle Eugène Charrière, ex-fondé de pouvoir à Allevard du banquier Giroud, fit repartir l’affaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Léon Bouffier, directeur de l’établissement de [[Wikipedia:fr:Pinsot|Pinsot]] au milieu du dix-neuvième siècle, et fils de notre ancêtre Joseph, note dans son carnet les noms de Charrière et de Giroud quant il répertorie les hauts-fourneaux en activité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Origine des Bouffier ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jacques Bouffier, marchand à [[Wikipedia:fr:Bellegarde-en-Diois|Bellegarde-en-Diois]], était fils de Pierre, décédé avant 1696, et de Marie Nal, de [[Wikipedia:fr:Sigottier|Sigottier]], près de Gap. Né en 1657, il vécut 90 ans, survivant à sa femme, Marguerite Vial, beaucoup plus jeune que lui, dont il eut trois garçons. Quand le premier est né, en 1708, elle n’avait pas vingt ans ; lui, la cinquantaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leur aîné — il s’appelait Jacques, comme son père, a vécu presque 80 ans. Il demeura à Bellegarde longtemps. A 23 ans il épousa Hélène Arthaud dont il eut 22 enfants. Bien peu de ses rejetons vécurent et fondèrent une famille, il semble qu’ils quittèrent tous la région de Die pour s’installer dans l’Isère et les Hautes-Alpes. Jacques fut maire de Bellegarde.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On sait qu’à la fin de sa vie, abandonnant les affaires, Jacques Bouffier prit en mains son bâton pour visiter pédestrement tous ses enfants. C’est Joseph, installé à Allevard dès l’âge de 27 ans, qui l’accueillit et il mourut chez lui, en 1787. A Allevard vivait aussi un autre fils, Pierre, qui devait diriger l’un des hauts fourneaux du comte de Barral — Joseph exerçait des fonctions directoriales plus étendues.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On sait encore que s’il passa à Allevard la fin de sa vie c’est que sa belle-fille Virginie était pleine d’attentions pour lui, ce qui lui inspira un vif attachement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Joseph Bouffier ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On ne sait pourquoi Joseph est venu s’installer à Allevard en 1770. Il a un frère aîné, resté sans doute à Bellegarde, un autre habite à Aspres, près de Veynes et de Gap, un troisième a trouvé femme à Montferrat, près du lac de Paladru.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce que nous savons, c’est que l’année suivante, le 10 mai 1771, il épousa Virginie Gautier, en présence du comte Jean Baptiste de Barral, marquis d’Arvillard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Joseph de Barral, président à mortier (qui porte la toque ronde) au Parlement et petit-fils de Gaspard (le premier conte), fut celui qui consacra la réussite de la famille. En Dauphiné, il fallait accéder à la judicature pour entrer au Parlement ou à la Chambre des Comptes qui exerçaient sur la province un pouvoir très considérable. De là, on réalisait des alliances, on valorisait ses titres de noblesse en achetant des seigneuries ... c’était faire les premiers pas vers des destins nationaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Joseph acheta la charge de président à mortier en 1708, et se trouvait alors au faîte de la bonne société. L’année suivante, d 32 ans, il épousait la fille de l’intendant des jardins et bâtiments du roi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Son père avait acquis (d’un noble désargenté) la Bastie d’Arvillard en 1692 ; en 1736 Joseph la fit ériger en marquisat. En dehors d’Allevard il habitait un hôtel, rue Sainte Claire à Grenoble et le château de La Tronche. Il fallait aussi fréquenter Paris.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsqu’une famille en arrivait à ce point de notoriété elle abandonnait généralement à des intendants la gestion d’une affaire comme celle des fourneaux d’Allevard (acquis en 1675) ou l’exploitation des forêts. Ce ne fut pas le cas des Barral dont la conduite peut se comparer à celle de grandes dynasties industrielles : “Ils allaient au charbon”.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
François, a réussi son opération du fourneau de la Gorge et s’emploie à lui intégrer des bois, des fosses, des martinets ... pour faire face à la concurrence de tout le mandement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette opération est poursuivie avec son fils pour assurer la pérennité des forges : il leur faut les plus riches filons, le meilleur charbon de bois et même ils n’hésitent pas à rechercher une certaine hégémonie pour tuer la concurrence des consommateurs de bois ou charbon. Il a réussi à acheter des créances de propriétaires pour en faire leurs débiteurs et les acculer à la vente. La Bastie d’Arvillard fut acquise de cette façon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le fils de Joseph, Jean-François, soutint un procès (aidé par l’expérience de son père) qui lui permit après 15 ans de procédure d’acquérir à Saint Pierre d’Allevard un haut fourneau (qu’il laissa à l’abandon — seuls les bois l’intéressaient). C’était bien avant l’arrivée de Joseph Bouffier et cela montre que cette famille était aux affaires, n’hésitant pas à investir pour maintenir un outil rentable au moment où la noblesse, déjà privée progressivement de nombreux avantages, se désintéressait de tout négoce.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand Joseph Bouffier se maria, les Barral possédaient toutes les fabriques (martinets) du mandement, tous les bois, une trentaine de fermes, mais pas la majorité des fosses. Les Chartreux (de St Hugon) et les Marcieu (du Touvet-St Vincent de Mercuze) avaient les leurs et plusieurs exploitants miniers indépendants (depuis les Dauphins) vendaient leurs produits dans tout le Dauphiné. Les Barral avaient de quoi approvisionner leurs fourneaux et, depuis 1765, ils avaient de l’excédent après l’achat d’une affaire qui entretenait même les mules nécessaires pour le transport jusqu’au port de Goncelin sur l’Isère.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail du régisseur consistait à recevoir les revenus des propriétés — en espèces ou en nature — à l’employer a la paie des mineurs, bûcherons, voituriers,... et à la subsistance des 150 mules, tandis que les seigneurs de Barral devaient encaisser eux-mêmes le produit des ventes de fonte aux aciéristes de Rives et d’ailleurs et subvenir aux investissements&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le domaine devenu comté, les Barral rendaient la justice, fixaient les prix du pain et autres denrées, en un mot exerçaient le pouvoir sur la population du mandement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Joseph Bouffier occupa à Allevard une position de premier plan. On ne sait s’il doit à son mariage sa charge d’intendant du comte Jean-Baptiste... En tous cas, arrivé en 1770, ce n’est pas parce qu’il était employé dans une des affaires du comte que dès 1771 son seigneur assiste à ses noces. Il est plus raisonnable de supposer que Nicolas Gautier, décédé cinq ans plus tôt, était à Allevard le notaire des Barral. Quand sa fille, orpheline, a épousé Joseph Bouffier, le principal client de l’étude fut invité et il devait apprécier suffisamment le défunt notaire pour accepter l’invitation de sa veuve.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Virginie, la fille, était toute jeune, 19 ans. Son mariage fut célébré dans la plus stricte intimité, malgré la présence de ce notable — ce qui laisse place à des suppositions diverses sur l’accueil fait par la famille à cet époux. S’il en a été ainsi, l’avenir a démontré la vanité de ce jugement préconçu, puisqu’à son tour Joseph est devenu un châtelain et un notable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Barral avaient beau miser à fond sur la pérennité des Forges, Jean-Baptiste savait qu’il était condamné à la ruine. Son train de vie était beaucoup trop important. Il ne pouvait pas à la fois poursuivre la politique d’investissement menée depuis deux générations, et tenir son rang à Paris comme à Grenoble. Sa fortune n’était pas suffisante pour consacrer une partie de ses revenus — toujours en baisse — à la poursuite de l’organisation (utile et intelligente) de ses forges tout autour des fourneaux.. JB de Barral essuya en plus des revers techniques et commerciaux et construisit un nouveau fourneau à la manière de Franche-Comté qui fut une expérience malheureuse (1778) et conclut avec Blanchet de Rives un contrat qui déplut à la clientèle ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Poursuivi par des soucis d’argent, J-B de Barral réalisait — sauf à Allevard — des économies sordides qui le faisaient très mal juger par ses pairs. Quand son fils Paulin prit sa succession (1785) L’énorme actif qui lui revenait était grevé de la dot allant à ses sœurs et d’un passif important, encore augmenté de ses propres dettes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Joseph Bouffier ne resta pas intendant. Ses enfants et neveux dirigèrent des fourneaux. Lui, il devint notaire, comme feu son beau-père, et ... châtelain, un notable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au milieu du torrent du Bréda surgissait des eaux qui sentaient très mauvais et faisaient fondre la glace, L’hiver. En 1791 un petit séisme permit à cette “eau noire” de s’écouler et le propriétaire du terrain fissuré envisagea une captation. A Uriage, les eaux sulfureuses étaient une source de revenus et les habitants d’Allevard commencèrent a s’enthousiasmer. C’est bien plus tard 1836).que, la mode aidant, un véritable établissement de bains (8 baignoires et une douche) sera aménagé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je ne crois pas que Joseph Bouffier, mort en 1823, ait joué un grand rôle, comme certains ont prétendu, dans le développement de l’Etablissement thermal d’Allevard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parmi ses 18 enfants, Hélène, la seizième née en 1794, a épousé le docteur Chataing, dont un fils également docteur, Laurent Ernest Chataing, fut l’un des fondateurs de l’Etablissement thermal.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Né en 1823 (l’année de la mort de Joseph Bouffier), il épousa la sœur du directeur des Hauts Fourneaux d’Allevard, Julie Pinat. Après lui, toute une dynastie de docteurs Chataing a exercé à Allevard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La famille des Dumolard de Grenoble descend également de Joseph Bouffier, par Virginie Chataing, la cadette de Laurent Ernest, née en 1825.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par Léon, celui qui a laissé des écrits intéressants, nous retrouvons les DALBAN, les GENTY, auxquels j’ai fait allusion, et les PRIMAT, les grenoblois qui possédaient le Grand Hôtel à Grenoble. Louis Dalban, né en 1878, fut chirurgien dentiste et habita 1 rue Molière, dans l’immeuble où nous nous sommes installés jeunes mariés fin décembre 1945. Son fils, également chirurgien dentiste, enseigna à l’école dentaire de Lyon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par Hélène Bouffier qui épousa à Allevard le docteur Laurent Chataing, nous sommes parents à de très nombreux grenoblois. Les Chataing, médecins de l’Etablissement thermal sont très connus à Allevard et Virginie (cinquième de huit) épousa un matheysin, François DUMOLARD, ancêtre des MONROZIER, MAZARÉ, PORTE, DELLAC (Nicole épousa Bruno Silvy — voir Les Perrin) et, bien sûr, les Dumolard. Notre généalogie sur cette famille est assez complète — mais n’est plus mis à jour depuis un quart de siècle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A propos des MONROZIER, il faut citer Yves, directeur des Bibliothèques municipales de Grenoble, parent aux Douillet et autres, qui publia une très importante étude généalogique dont je me suis largement inspiré lors de la conception de mon livre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si le docteur Chataing fut le promoteur des traitements par les eaux d’Allevard, c’est que, appartenant par son mariage à la famille Bouffier, il fut naturellement en liaison avec un autre gendre Bouffier, Hugues Dorel, notre ancêtre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hugues Dorel, marchand et fils de marchand de chanvre, avait 17 ans lorsqu’il épousa Julie Bouffier. Sur les tableaux en notre possession ils sont effectivement tout jeunes. Pour lui, ce devait être un parti inespéré: sa jeune femme était fille du notable d’Allevard, elle avait été portée sur les fonds baptismaux par le châtelain de Bayard, Jean-Baptiste d’Orgeval (ou Dorgeval ?) ! On ne sait quel fut son destin à Allevard, toujours est-il que son fils Séraphin, né en 1797 fut l’un des fondateurs et en tous cas le copropriétaire de l’Etablissement thermal.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Julie Bouffier-Dorel avait une sœur beaucoup plus jeune, Hélène — la seizième enfant de Joseph — qui épousa le docteur Laurent Chataing dont je viens de parler, qui n’avait pas dix ans d’écart avec Séraphin Dorel. On imagine comment ils se sont connus et ont pu monter ensemble une affaire qui — comme les Forges d’Allevard — est toujours en vie.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Alexandre</name></author>
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