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	<title>La Grande Peur en Dauphiné - Historique des versions</title>
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	<updated>2026-05-31T10:20:23Z</updated>
	<subtitle>Historique des versions pour cette page sur le wiki</subtitle>
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		<title>Alexandre : Page créée avec « Ce texte d&#039;Alain BELMONT est paru dans Le Dauphiné libéré, du 17 au 19 juillet 1990. Il retrace le premier incendie de la Grande Peur en Dauphiné, à Montferrat, le 27… »</title>
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		<updated>2020-12-15T22:47:02Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Page créée avec « Ce texte d&amp;#039;Alain BELMONT est paru dans Le Dauphiné libéré, du 17 au 19 juillet 1990. Il retrace le premier incendie de la Grande Peur en Dauphiné, à Montferrat, le 27… »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Nouvelle page&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;&lt;div&gt;Ce texte d&amp;#039;Alain BELMONT est paru dans Le Dauphiné libéré, du 17 au 19 juillet 1990. Il retrace le premier incendie de la Grande Peur en Dauphiné, à Montferrat, le 27 juillet 1789.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Édition du 17 juillet 1990 ==&lt;br /&gt;
Il y a 101 ans, en été 1789, 66 châteaux, une maison bourgeoise et 4 monastères ou couvents du Dauphiné ont été pillés ou incendiés, lors d’un épisode révolutionnaire que l’on a appelé « La Grande Peur ». Celle-ci a duré 10 jours : du 27 juillet au 5 août. C’est sa première journée, où l’on a allumé le premier feu dauphinois que je vais vous raconter cette semaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Ce jour-là il pleuvait… ===&lt;br /&gt;
27 juillet 1789. Sous la montagne du Banchet, au bord du lac de Paladru, le temps est à la pluie. Tout le monde à Montferrat est rentré chez soi, et attend le retour du soleil. Dans sa maison, près de l’église, le notaire Louis Bouffier en profite pour mettre un peu d’ordre dans ses affaires. Il est 16 heures : maître Bouffier regarde par la fenêtre. « Décidément, la pluie ne s’arrête pas », pense-t-il ; « encore une journée de perdue pour les paysans ». « Tiens, voilà qu’un étranger arrive par la grand’route. Il a l’air bien pressé, son cheval est épuisé. Mais, il s’arrête devant chez moi, et ce n’est pas un étranger, je le reconnais, c’est le fils de Thomas, le tailleur de La Bâtie-Divisin. Que veut-il donc ? Son père serait-il en train de mourir ? Il m’a pourtant déjà donné son testament ! »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Thomas ne prend même pas le temps de frapper à la porte, il se rue dans la maison. Il est porteur d’une grave nouvelle : un homme des Abrets est venu à La Bâtie et leur a annoncé que 20000 brigands étaient à Aoste et à Chimilin et mettaient le feu partout, tuant les personnes qu’ils rencontraient. Bouffier est stupéfait ; autour de lui, ses domestiques et ses voisins qui ont tout de suite accouru, n’en croient pas leurs oreilles. Certains nomment déjà les Savoyards : « Ils nous envahissent encore une fois ! ». Très vite, le petit groupe s’organise. Le maréchal-ferrant part sonner le tocsin. De son côté, Bouffier envoie des messagers prévenir les habitants de Saint Geoire-en-Valdaine et de Chirens. Sur la place, la population de Montferrat commence à s’assembler. Des cris partent de toutes les bouches ; la peur est à son comble. « Prenons les armes et marchons sur eux » disent les uns. « Oui, aux Abrets », répondent les autres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le temps de retourner prendre qui son fusil, qui sa fourche ou son fléau, puis de revenir sur la place, plus de deux heures s’écoulent. Vers sept heures du soir, la troupe des hommes prend le chemin des Abrets. On est inquiet : un garçon qu’on avait envoyé là-bas pour s’informer du nombre des brigands, n’est toujours pas revenu. Bouffier, lui, n’est pas parti. Il veut, dit-il, attendre les gens de Saint-Geoire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== D’abord, cacher le plus précieux ===&lt;br /&gt;
En vérité, Bouffier est mort de peur. Sa fille Françoise veut s’enfuir. Elle ne sait où aller : on dit que les brigands sont déjà à Fitilieu. Bouffier se range à son avis ; il faut fuir, c’est évident. Mais avant, il veut cacher ce qu’il a de plus précieux : tous les registres qu’il a patiemment remplis, et ceux de ses prédécesseurs, sans lesquels toutes les ventes, tous les contrats de mariage, tous les emprunts fait au village seraient annulés; sans oublier les archives du seigneur, Monsieur de Barral, qu’il garde à l’étude. Vite, il prend des sacs, fourre pêle-mêle dedans dossiers et vieux grimoires ; puis il court au château, sur la colline, cacher le tout dans l’ancienne ménagerie. Sitôt fait, il retourne chez lui et remplit d’autres sacs. Alors qu’ il est dans sa cave, cherchant une cachette, un bourgeois de Saint-Geoire vient le trouver et le force à l’accompagner aux Abrets : lui, le secrétaire de la communauté, le représentant du seigneur, ne peut quand-même pas abandonner le village et s’enfuir comme un lâche ! La mort dans l’âme, Bouffier se joint à une nouvelle troupe en marche pour les Abrets.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Aux Abrets ===&lt;br /&gt;
Bouffier et ses compagnons arrivent au petit bourg vers 10 heures du soir. Les rues sont noires de monde. D’après le curé, il y a au moins 4000 personnes qui, comme les habitants de Montferrat, se sont données rendez-vous ici. Par contre, on ne voit pas la tête d’un seul brigand : les gens de Chimilin et d’Aoste assurent que leurs villages n’ont pas été attaqués. La nouvelle était peut-être fausse ; mais quand-même, il vaut mieux veiller. Certains montfrinauds retournent chez eux par petits groupes. Les autres attendent dans une grange, sous l’œil du conseul (l’ancêtre du maire) et de Bouffier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le temps passe ; comme du vin a été distribué, la veillée d’armes se transforme en fête, on « carillonne » un peu partout et il y a déjà quelques personnes complètement ivres. Bouffier, lui, prend son repas à l’auberge, en compagnie des nobles et des bourgeois, promus généraux d’un soir. Peu de temps après, alors que les discussions sur la conduite à tenir vont bon train, un homme demande à le voir, un nommé Hyvrier, de Chirens. Il vient lui annoncer une mauvaise nouvelle, la deuxième de la journée ! Passant par Montferrat pour venir aux Abrets, il a vu la maison de Bouffier livrée au pillage, et un groupe d’hommes particulièrement décidés en train d’allumer un incendie. L’histoire est en marche ; le premier feu de la Grande Peur, précurseur d’une longue série, éclaire le ciel de Montferrat. Nous donnons rendez-vous au lecteur demain, afin de comprendre pourquoi les incendiaires se sont attaqués à Bouffier, lui qui n’était qu’un notaire, sans aucun titre de noblesse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Édition du 18 juillet 1990 ==&lt;br /&gt;
Lors de la Grande Peur, cet épisode révolutionnaire qui aboutit au pillage ou à l’incendie de très nombreux manoirs, c’est la maison d’un notaire de Montferrat, qui en Bas-Dauphiné partit la première en fumée le 27 juillet 1789, voir notre édition d’hier. Pourtant, ce notaire nommé Louis Bouffier, n’était pas un seigneur et n’avait aucun titre de noblesse, contrairement aux propriétaires des châteaux de Pusignan, ou de Bonnefamille, eux aussi livrés aux flammes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le seigneur de Montferrat, Joseph-Marie de Barral ===&lt;br /&gt;
En effet en 1789, Montferrat a pour seigneur Joseph-Marie de Barral. Ce personnage est à l’époque président au Parlement de Dauphiné, l’équivalent aujourd’hui, d’un président de tribunal de grande instance, mais en beaucoup plus puissant et avec un rang un peu comparable à celui qu’ont les préfets dans nos départements. Plus tard, il sera d’ailleurs élu maire de Grenoble. Il compte alors parmi les cinq ou six personnes les plus importantes de la province. En plus il est à la tête d’une très grosse fortune. Ses seigneuries de Crolles, de Montferrat et de Groslée, entre autres, ainsi que ses nombreuses rentes sur l’État et d’innombrables particuliers lui rapportent l’équivalent de plusieurs millions de nos francs par an. À Montferrat, même, outre les droits seigneuriaux, qu’il perçoit sur chaque famille, il possède près de 400 hectares de terre. Soit le tiers de la commune à lui tout seul à une époque où plus de la moitié des paysans du village n’ont même pas deux hectares chacun. Son château dans lequel il ne passe que quelques mois par an, domine l’église et les maisons roturières du haut de la colline où il est implanté. Pourtant, le 27 juillet 1789, ce n’est pas vers les tours féodales de ce château que s’est dirigée la fureur des incendiaires. Pendant plusieurs années, jamais aucun révolutionnaire ne se risquera jusqu’à ses grilles. Ce fameux jour de juillet il y a 201 ans, c’est la maison du notaire qui a été visée. Pourquoi ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Louis Bouffier, l’éminence grise de Barral ===&lt;br /&gt;
Louis Bouffier appartient à une famille traditionnellement attachée aux Barral. Son frère Joseph par exemple, lui aussi notaire, gère leur forge d’Allevard. De son côté, Louis est envoyé à Montferrat vers 1780 pour s’occuper des terres de Charles Gabriel de Barral, puis de son fils Joseph-Marie. Laissons-le décrire lui-même son emploi : « j’avais eu la confiance de ce seigneur et de monsieur son père et j’avois exigé ses revenus, quoique je fus son fermier je m’ettois chargé de continuer à faire la recette des arrérages de rente, pentions, de même que de tous ses autres revenus, et j’avois le détail de tout ce qui consernoit l’administration de sa terre, lorsqu’il en estoit absent. Par conséquent la majeure partie de ses papiers et titres étoient ches moy. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bouffier est l’homme clé du seigneur de Montferrat. C’est probablement Barral lui-même qui l’a installé dans sa charge de notaire, pour être informé des moindres transactions et des secrets des villageois ; il l’a aussi nommé châtelain de Montferrat. De plus, Bouffier contrôle l’assemblée des habitants et son conseil, l’équivalent de notre conseil municipal : depuis de longues années, il en est le greffier ; donc tous les actes émanant de la communauté toutes les réclamations qui pourraient être adressées à l’administration royale passent entre ses mains, les habitants n’ont donc aucun moyen d’expression, aucune possibilité de dénoncer les abus dont ils font les frais. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Un personnage détesté ===&lt;br /&gt;
Et des abus, Bouffier ne se gêne pas pour en faire. Il se comporte à Montferrat en véritable tyran. Chargé d’établir le montant des impôts de chacun, il sous-évalue considérablement sa cote et celle de son maître : en 1789, il ne paye que 10 livres, le prix d’un habit, au lieu des 238 livres qu’il devrait donner. Pour percevoir davantage de droits féodaux, il a agrandi frauduleusement les mesures dont il se sert, en en creusant le fond. En temps de crise, par contre, il prête généreusement leurs biens, lorsque arrivent les échéances et que ses débiteurs ne peuvent le rembourser. Il ne se passe pas un jour sans qu’il cherche à spolier les paysans, à leur enlever leurs pauvres parcelles de terre pour agrandir son domaine ou celui de Barral. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On comprend donc qu’à Montferrat, tout le monde le déteste. Aussi, plutôt que de s’attaquer à leur puissant seigneur, les habitants du village vont s’acharner sur ce petit Ceausescu des Terres-Froides. Car contrairement à ce que Bouffier déclara plus tard lorsqu’il voulut réclamer justice, ce ne sont pas des « brigands » qui ont détruit sa maison, mais bien la population du village. Nous verrons dans notre prochaine édition comment se passa cette nuit folle, où tout bascula pour les Montfrinauds.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Édition du 19 juillet 1990 ==&lt;br /&gt;
Le 27 juillet 1789, de retour dans leur village après s’être rendus aux Abrets, où ils pensaient combattre de prétendus brigands, les habitants de Montferrat incendièrent la maison du notaire Louis Bouffier. Ce faisant, ils allumèrent le premier brasier de la grande peur en Dauphiné, et se libérèrent par la même occasion du joug que faisait peser sur eux le tyrannique représentent de leur seigneur (voir nos éditions d’hier et d’avant-hier).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== De la peur à la révolte ===&lt;br /&gt;
Dès qu’ils apprirent que l’incendie d’Aoste et de Chimilin par des « brigands » n’était qu’une fausse nouvelle, les habitants de Montferrat reprirent par petits groupes le chemin de leur village. Ce lundi 27 Juillet 1789, il était alors 9 ou 10 heures du soir, seuls quelques hommes restèrent aux Abrets en compagnie du notaire Louis Bouffier et d’un groupe venu de Saint-Geoire-en-Valdaine, pour le cas où ces fameux bandits se seraient quand même manifestés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Arrivés dans leur village, les Montfrinauds ne rentèrent pas pour autant sagement dans leurs demeures. Le vin bu aux Abrets pendant les quelques heures d’attente avait passablement échauffé les esprits, et les discussions allaient bon train. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On ne sait pas très bien comment les choses se passèrent, mais toujours est-il que, après quelques heures, les villageois attaquèrent subitement la maison de Louis Bouffier. Peut-être quelques personnes isolées voulurent-elles d’abord profiter de l’absence du notaire et de la panique générale pour récupérer des reconnaissances de dettes par elles signées, puis furent suivies par l’ensemble de la population. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais il est plus probable, le fait s’étant reproduit de nombreuses fois à travers la France, qu’on ait attribué lors des discussions la fausse nouvelle de la journée à un coup monté par l’aristocratie. Car dans les jours qui suivirent la prise de la Bastille, tout le monde était persuadé que la noblesse se vengerait tôt ou tard de l’affront qu’elle avait subi. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ulcérés d’avoir été trompés, les habitants de Montferrat auraient alors décidé de faire payer une bonne fois pour toutes leur noble à eux ou plutôt son représentant, principal instrument de leur sujétion : Louis Bouffier. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Un scénario cent fois répété === &lt;br /&gt;
En attaquant la maison du notaire, les villageois ne voulaient qu’une seule chose : priver Bouffier de ses archives, notamment de ses terriers. Ainsi, ce dernier ne pourrait plus percevoir les droits féodaux et les multiples rentes qu’il leur réclamait chaque année. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sitôt la porte enfoncée, ils enlevèrent donc tous les vieux registres des rayonnages de l’étude, les portèrent sur la place, devant l’église, et les brûlèrent. On imagine sens peine la joie des habitants à ce moment-là. Tous devaient danser tout autour du brasier. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est alors qu’arriva un groupe d’hommes venant de Chirens et allant rejoindre aux Abrets les volontaires contre les brigands. Voyant ce qui se passait, ils tentèrent de s’interposer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais laissons parler les témoins de la scène. Parmi eux, le nommé Hyvrier « s’étant avancé près du feu où lon brulloit les papiers, un de ces brigands (en fait un habitant de Montferrat) luy avoit donné d’un gros livre sur la tette qui luy avoit fait mal, en lui ordonnant de se retirer qu’un d’entre eux dit nous ne voullons bruller que les papiers ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Forte de cette victoire, et les papiers étant tous partis en fumée, la populace, au comble de l’excitation, s’en prit alors au mobilier contenu dans la maison. Tables, chaises, lits, armoires, vaisselle, vêtements, et tous les objets qui n’étalent pas attachés au plancher, passèrent par la fenêtre et furent jetés au brasier. Pour finir, quelqu’un porta une torche à l’intérieur de la maison et mit le feu à tous les étages. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le scénario que nous venons de décrire à Montferrat s’est reproduit à travers presque toute la France, que ce soit dans l’un des 52 châteaux du Bas-Dauphiné saccagés entre le 27 juillet et le 5 août, ou dans ceux tout aussi nombreux de la Bourgogne, de la région parisienne ou du Val de . Loire. Les villageois s’en sont toujours d’abord pris aux papiers et aux terriers, avant de piller et souvent d’incendier le mobilier, non sans avoir parfois visité les tonneaux entreposés dans la cave. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Bouffier en fuite ===&lt;br /&gt;
Dès qu’il apprit ce qui se passait à Montferrat, Bouffier tenta d’emmener une troupe avec lui pour arrêter le pillage. Mais personne ne voulut le suivre : on était aux Abrets pour combattre les brigands, il était hors de question de s’éloigner d’ici. Ce n’est qu’au petit matin du 28 juillet qu’il put enfin mesurer l’étendue des dégâts de la nuit. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après avoir visité les ruines de sa demeure, il se rendit alors dans une auberge de la place pour prendre un remontant. Il n’était pourtant pas encore au bout de ses peines. Dehors, la population s’amassait de nouveau ; certains disaient tout haut qu’il fallait rallumer le feu, et cette fois pour y brûler Bouffier. Avant qu’ils ne passent à l’action, Bouffier prit ses jambes à son cou ; il passa par la porte du jardin et, se cachant derrière les haies et en prenant les chemins de traverse, réussit à gagner La Tour-du-Pin et de là Bourgoin-Jallieu. Il ne revint jamais à Montferrat. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un mois après ces évènements, 3 cavaliers de la maréchaussée vinrent récupérer les registres qu’il avait cachés dans les caves du château, quelques heures avant l’émeute. Son frère Mathieu s’occupa de gérer ses affaires - à l’exception de tout ce qui pouvait déplaire aux villageois, bien sûr ! &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En mettant le feu à la maison de leur notaire ce 27 juillet, les habitants de Montferrat s’étaient donc définitivement débarrassés du joug féodal qui pesait sur eux depuis des siècles. En 1790, ils plantèrent l’arbre de la Liberté devant les ruines calcinées de l’été précédent. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les lecteurs désirant mieux connaître cet épisode de la grande peur dans notre région, pourront se reporter avec profit à l’excellent ouvrage édité eux presses universitaires de Grenoble sous la direction de V. Chomel : « Les débuts de la Révolution francaise en Dauphiné ».&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Alexandre</name></author>
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